Quels sont les 3 défis pour vos cultures en 2026 et comment les anticiper ?

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Trois évolutions majeures pèsent sur les grandes cultures en cette année 2026. 

Elles concernent des sujets à première vue sans rapport : la disponibilité des herbicides, le prix de l’azote et l’impact de la sécheresse. 

La première tient au retrait d’un désherbant employé depuis une vingtaine d’années. 

La deuxième découle de tensions géopolitiques et réglementaires sur le marché de l’engrais. 

La troisième s’observe chaque été un peu plus nettement dans les rendements. 

Traitées séparément, ces trois contraintes semblent appeler chacune sa propre réponse, pourtant elles renvoient à un même levier agronomique : la manière d’apporter l’azote.

Dans cet article, nous allons analyser les trois défis l’un après l’autre, puis montrer comment un même ajustement de l’apport d’azote permet de les anticiper.

Défi n°1 : la fin d’un désherbant majeur et le durcissement de la réglementation sur l’eau

Le premier défi porte sur un produit longtemps considéré comme acquis : le flufénacet, herbicide central du désherbage des céréales, ne sera bientôt plus autorisé. 

L’Union européenne a décidé de ne pas renouveler son homologation, or elle reste l’un des principaux outils contre le ray-grass, adventice réputée pour sa résistance. 

Le désherbage de cette graminée repose sur un nombre restreint de modes d’action. 

Chaque molécule retirée réduit donc les marges de manœuvre pour la rotation des herbicides. Ce retrait s’inscrit dans une tendance plus large de réduction des substances actives disponibles.

Le motif de ce retrait éclaire la suite : en se dégradant dans le sol, le flufénacet produit un résidu très persistant, l’acide trifluoroacétique, ou TFA. 

Ce composé appartient à la famille des PFAS, ces polluants éternels aujourd’hui recherchés dans l’eau. 

On le retrouve déjà dans certaines nappes au-delà des seuils réglementaires. 

La substitution ne résout pas le problème pour autant : le diflufénicanil, souvent présenté comme alternative, appartient lui aussi aux pesticides PFAS. Le risque est donc de reporter le problème de quelques années seulement.

À cette contrainte technique s’ajoute une évolution économique. Le principe du pollueur-payeur se rapproche progressivement des exploitations. 

L’agriculture est à l’origine d’environ 70 % des pollutions de l’eau par les pesticides. 

Elle n’acquitte pourtant qu’une faible part de la redevance perçue par les agences de l’eau. Les consommateurs en supportent aujourd’hui près de 88 %. 

Le coût de dépollution de l’eau imputable aux pesticides est estimé à environ 1,5 milliard d’euros par an en France. Ce déséquilibre est désormais contesté devant les tribunaux. 

Au printemps 2026, un important syndicat des eaux a engagé un recours pour faire contribuer les fabricants. Quelle que soit l’issue, la charge liée à la qualité de l’eau tend à se déplacer vers les utilisateurs.

Le mode d’apport de l’azote offre un levier face à cette double contrainte, l’injection place l’engrais en poches concentrées, à proximité immédiate du rang. 

La culture y accède directement, tandis que l’inter-rang reste pauvre en azote disponible, c’est dans cet inter-rang que le ray-grass s’installe préférentiellement. 

Privé de cette ressource, il lève moins et concurrence moins la céréale. 

La gestion agronomique devient ainsi un complément sérieux au désherbage chimique. 

Ce placement limite en outre la migration de l’azote vers les nappes, un sujet développé dans notre article sur la réduction des pertes d’azote.

Défi n°2 : un coût de l’azote de plus en plus instable

Le deuxième défi concerne le poste d’engrais, devenu très volatil : le prix de l’azote est notamment exposé à un facteur géographique précis, le détroit d’Ormuz. 

Près d’un tiers de l’urée mondiale transite par ce passage stratégique. Lors du conflit avec l’Iran, ce goulot d’étranglement a été perturbé et la chaîne d’approvisionnement s’est bloquée. 

Entre fin février et la mi-mars 2026, l’urée est passée d’environ 505 à plus de 650 euros la tonne. 

L’Europe importe une part importante de son azote, ce qui accentue sa sensibilité à ces tensions extérieures. Le prix du gaz, principale matière première de l’azote de synthèse, demeure lui aussi instable.

Une seconde pression, réglementaire cette fois, s’installe dans la durée. Il s ‘agit du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières qui s’applique aux engrais importés depuis le début de 2026. 

Il représente déjà de l’ordre de 200 millions d’euros de surcoût pour l’agriculture française. 

En 2027, un dispositif complémentaire visera le gaz utilisé pour produire ces engrais. 

Deux leviers permettent de réduire cette exposition : 

Le premier consiste à diminuer les quantités d’azote achetées. 

Bien positionnée, l’injection réduit les doses d’environ 30 %, et jusqu’à la moitié sur maïs. 

Selon une étude britannique menée sur trente sites, les pertes atteignent en moyenne 22 % avec de l’urée classique, contre environ 3 % avec l’injection. 

Des essais conduits aux Pays-Bas relèvent que 95 % de l’azote injecté est effectivement valorisé par la plante. 

Cette approche est détaillée dans notre article sur la réduction de l’apport d’azote.

Le second levier consiste à relocaliser une partie de l’azote. 

Les effluents d’élevage, les digestats de méthanisation et les stations d’épuration en contiennent des volumes importants. 

Une étude suisse du FIBL estime qu’en récupérant l’ammoniac de ses seules stations d’épuration, le pays couvrirait près de 150 % de ses besoins en azote. 

Cet azote recyclé présente une empreinte carbone très inférieure à celle de l’engrais de synthèse. 

La réglementation accompagne ce mouvement, puisque les méthaniseurs devront s’équiper pour récupérer l’ammoniac avant 2030. 

La Finlande exploite ce type d’installations depuis plus de vingt ans. 

Certaines industries paient même pour évacuer des effluents azotés valorisables au champ. 

L’introduction de légumineuses dans la rotation complète cette autonomie, en fixant de 40 à 80 kilos d’azote par hectare. 

Ces circuits courts sont abordés dans notre article sur les pertes d’azote.

Défi n°3 : des rendements exposés à la sécheresse

Le troisième défi est le plus visible à la moisson : la sécheresse s’installe désormais chaque année et pèse directement sur les rendements. 

Là encore, le mode d’apport de l’azote joue un rôle déterminant car un engrais épandu en surface avant une période sèche se volatilise en partie. 

La croûte de battance limite par ailleurs l’accès des racines à cette ressource. L’azote est alors payé sans réel bénéfice pour la culture.

Avec l’injection, cette logique s’inverse largement. 

L’ammonium est déposé à quelques centimètres sous la surface, hors de portée de l’évaporation. Pour l’atteindre, les racines développent un système plus profond. 

Cet enracinement améliore l’accès à l’eau disponible en profondeur. 

Une culture mieux ancrée supporte donc mieux les épisodes secs, sans passage supplémentaire. 

Des travaux suisses de l’institut Agroscope relèvent en outre une réduction du lessivage de l’ordre de 48 %.

L’amendement du sol renforce cette résistance sur le long terme. Les produits proposés par AKRA améliorent la structure du sol et sa capacité de rétention en eau. 

Son pouvoir neutralisant agit rapidement sur les sols trop acides. Il corrige le pH, ce qui accroît l’efficacité de l’azote. 

Sa fabrication émet environ 2,3 kilos de CO2 par tonne, contre plus de 230 kilos captés au champ. 

Sur plusieurs années, la matière organique progresse de deux à trois dixièmes de point. 

Ce gain correspond à quinze à vingt tonnes de CO2 stockées par hectare. 

À l’échelle de la rotation, la combinaison de ces pratiques peut réduire les besoins totaux en azote de 40 à 50 %. 

Le sol gagne ainsi en réserve hydrique et en valeur carbone. Des couverts végétaux bien conduits renforcent encore cette réserve et cette teneur en matière organique. 

Sur maïs, les résultats sont particulièrement marqués, comme nous le détaillons dans notre article sur le maïs bas carbone.

Vous voulez voir comment gérer ces trois défis sur votre exploitation ? Contactez-nous, nous en discuterons avec plaisir.

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