Comment réduire les pertes d’azote quand les prix s’envolent ?

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réduire les pertes d'azote

Vous venez d’épandre de l’azote. Il n’a pas plu, ou au contraire, une forte averse est tombée. Une grande partie de l’azote est partie dans l’air ou dans la nappe. Vous avez payé pour rien  et jamais ce rien n’a coûté aussi cher.

 Réduire les pertes d’azote est une question de survie économique. 

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient font flamber les marchés du gaz naturel, et chaque hausse se répercute directement sur votre facture d’engrais. 

La synthèse des engrais azotés reposant entièrement sur le procédé Haber-Bosch, qui est directement indexé sur le gaz. Chaque unité d’azote perdue coûte donc encore plus cher qu’avant.

Pourtant, la réponse à ce double problème climatique et économique ne vient pas d’un nouvel intrant … mais de la technologie d’injection Cultan associée.

L’azote n’a jamais coûté aussi cher à perdre

Le prix du gaz ne reviendra pas de si tôt en arrière. Les tensions au Moyen-Orient depuis le début d’année ont rappelé brutalement à quel point l’agriculture européenne reste exposée aux chocs énergétiques mondiaux. 

Quand les marchés s’emballent, le coût de fabrication des engrais azotés suit dans les semaines qui suivent  sans délai, sans amortisseur.

Mais ce choc conjoncturel se double d’une pression structurelle encore plus profonde. 

Le système ETS2 entre en vigueur en 2027, étendant la tarification carbone au gaz naturel utilisé pour fabriquer les engrais. 

Les projections sont claires : l’azote verra son prix augmenter de 20 à 30 euros par tonne dès le premier jour. Si le droit d’émettre une tonne de CO2 atteint 200 euros  comme l’anticipent certains analystes  le surcoût grimpera à 150 euros par tonne d’engrais. 

La trajectoire est déjà là : 37,50 euros par tonne de CO2 en 2021, 75 euros fin 2025, 135 euros prévus pour fin 2026. Ce n’est pas une projection théorique. C’est une courbe déjà engagée.

Dans ce contexte, chaque unité d’azote perdue n’est plus seulement un gaspillage sur le plan agronomique. C’est une perte sèche sur un intrant dont le prix ne reviendra pas en arrière.

Et les pertes, elles sont massives. En conditions sèches, l’azote épandu en surface peut se volatiliser à hauteur de 95 % de la dose appliquée. 

L’étude du DEFRA  le ministère britannique de l’Environnement  menée sur 30 sites, le quantifie sans ambiguïté : avec une urée classique, les pertes par volatilisation atteignent 22 % en moyenne, avec des pointes à 43 %. 

Sur prairies, le phénomène s’amplifie encore : 27 % de l’azote disparaît avant d’être absorbé. 

En conditions humides, le problème change de forme mais pas d’ampleur : les nitrates sont lessivés vers les nappes phréatiques avant que les racines n’aient eu le temps de les prélever. 

Et lorsqu’une période de pluie intense précède une sécheresse  comme ce printemps , les deux phénomènes se cumulent. La croûte de battance qui se forme en surface aggrave encore la situation : elle bloque les échanges gazeux et coupe les racines de l’azote disponible.

C’est précisément cette croûte que l’injecteur Cultan munit de pointes brise mécaniquement  première condition pour que l’azote retrouve les racines.

Cultan : comment réduire massivement les pertes d’azote

La technologie Cultan, développée par le néerlandais Duport, part d’un principe simple : si l’azote se perd parce qu’il est en surface, il faut l’injecter en profondeur.

L’ammonium liquide est injecté directement dans le sol à 5 à 15 cm de profondeur, au niveau de la zone racinaire, via des roues à pointes en inox. L’ammonium (NH4+), chargé positivement, se fixe au complexe argilo-humique au lieu de se transformer en nitrate mobile. 

Cette fixation est optimale entre pH 5,5 et 7. L’azote reste ainsi stable que le sol soit humide ou sec  hors d’atteinte de la volatilisation et du lessivage.

Les résultats sont documentés avec précision. La même étude DEFRA montre qu’avec Cultan, les pertes par volatilisation tombent à 3 %  contre 22 % en épandage classique. Sur prairies, elles passent de 27 % à 2 %. 

Des essais menés aux Pays-Bas révèlent que 95 % de l’azote est effectivement utilisé par la plante, contre 60 à 70 % en épandage de surface. 

L’étude pluriannuelle d’Agroscope, l’institut de recherche agricole suisse, confirme : -48 % de lessivage, avec des rendements maintenus. 

Les concentrations en nitrates dans les eaux de drainage passent de 16 mg/l en conventionnel à 11 mg/l avec Cultan. Les rendements restent stables  44,5 q/ha avec Cultan contre 47,3 q/ha en conventionnel, une différence statistiquement non significative.

Cette efficacité permet de réduire les doses de 30 % sans perte de rendement. Sur maïs, l’économie peut atteindre 50 %. 

Un seul apport au stade tallage  lorsque le blé émet 3 à 4 tiges  suffit à couvrir l’ensemble des besoins azotés du cycle cultural : 100 à 140 unités d’azote injectées en un seul passage, contre trois passages traditionnels. 

L’espacement des lignes d’injection s’adapte au sol : 25 à 30 cm en sol sableux, jusqu’à 50 cm en sol argileux qui fixe mieux l’ammonium.

Dernier point souvent sous-estimé : l’injection ne touche que 3 % de la surface du sol. 

Elle préserve la vie microbienne sur la quasi-totalité de la parcelle et stimule localement 

la minéralisation autour des dépôts d’ammonium  exactement comme la houe rotative le fait en surface, mais en profondeur, là où la croûte ne peut plus interférer.

Réduire les pertes d’azote

La roue à pointes Cultan brise la croûte de battance en surface et restaure la circulation de l’air dans le sol.

Et en perturbant les premiers centimètres du sol, elle active la minéralisation et libère l’azote organique naturellement présent dans la matière organique. 

Cultan sécurise l’azote apporté dans la zone racinaire, cible cet azote sur la culture plutôt que sur les adventices, et crée des zones à forte activité biologique qui stimulent la minéralisation en profondeur. 

L’injection Cultan garantit la disponibilité de l’azote en profondeur, hors d’atteinte du séchage. 

Le développement racinaire autour des dépôts d’ammonium confère une résistance accrue au stress hydrique  précisément quand le printemps sec arrive après un hiver humide. Chaque unité d’azote apportée est valorisée au maximum, quelle que soit la météo.

L’équation économique est simple. La réduction des doses de 30 % représente 60 à 90 euros d’économie par hectare sur les intrants. La suppression de deux passages tracteur génère 15 à 30 euros supplémentaires en carburant et main-d’œuvre. 

Ce n’est que la partie défensive. 

Cultan réduit l’empreinte carbone du blé de 490 g de CO2 par kilo produit  ce qui ouvre un accès direct au marché du blé bas carbone et aux premiums qui vont avec, dans un contexte où les industriels se tournent massivement vers l’amont agricole pour décarboner leur chaîne d’approvisionnement. 

Nous abordons le sujet du blé bas carbone ici 

Et si votre azote venait de votre propre exploitation ?

L’injecteur Cultan  ouvre une perspective encore plus stratégique pour les années à venir.

Les stations de méthanisation produisent un digestat naturellement riche en azote ammoniacal (la forme d’azote que le système Cultan injecte directement.)

Azote vert, local, produit sur ou près de l’exploitation, peu ou pas acheté sur les marchés internationaux. 

Injecté avec Cultan, ce digestat bénéficie de tous les avantages de la technologie : fixation dans le sol, absence de volatilisation, disponibilité continue pour la plante. 

Les pertes habituellement associées à l’épandage de lisier ou de digestat en surface (souvent importantes par temps chaud) sont supprimées.

L’étude du FIBL, l’Institut de Recherche de l’Agriculture Biologique suisse, démontre qu’en récupérant l’ammoniac des stations d’épuration, la Suisse pourrait couvrir 148 % de ses besoins nationaux en azote, avec une empreinte carbone 95 % inférieure à celle de l’azote conventionnel. 

En France, la réglementation impose aux méthaniseurs de s’équiper de systèmes de récupération d’ammoniac avant 2030. La Finlande exploite de tels systèmes depuis plus de 20 ans.

La boucle est alors complète. 

Vous partez d’une perte ( l’azote qui s’échappe dans l’air ou dans les nappes, sur un intrant dont le prix flambe avec chaque crise géopolitique ) pour arriver à une économie circulaire où l’azote est local, peu ou pas acheté, et valorisé à presque 100 % grâce à l’injection Cultan. 

Dans un monde où le prix des intrants ne baissera pas structurellement, récupérer l’azote qu’on produit déjà et ne plus en perdre, c’est la prochaine étape logique.

Découvrez la solution Cultan complète et ses données techniques ici 

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